Rencontre avec Matthieu, responsable des ventes et livraisons de la plateforme en régie directe du SIREDOM Compost Sud Essonne.

 

Comment avez-vous rejoint Compost Sud Essonne ?

 
A l’origine, je suis chauffeur de poids lourd. Je suis entré dans l’entreprise en 2011. Je cherchais un travail à proximité de chez moi et je souhaitais travailler dans une petite structure. Je ne connaissais pas du tout le secteur. Quand le directeur a souhaité lancer une activité de vente de compost, il a logiquement eu besoin de personnel supplémentaire. Il s’agissait de proposer différents types d’amendements : terre végétale amendée contenant 30% de compost, terre de bruyère, terre végétale, paillage minéral ou végétal etc. suivant les besoins des clients. J’ai découvert ces produits et dans le même temps le milieu de l’agriculture, celui des paysagistes.  Et en 6 ans j’ai beaucoup appris.
 

Comment s’organise l’activité de la plateforme ?

 
Nous sommes deux à travailler sur le site. Mon collègue s’occupe plus particulièrement de l’exploitation, comme les opérations de criblage ou de broyage du compost par exemple.
 
En ce qui me concerne, je m’occupe de la préparation des commandes, remplir les big bag, de la vente des produits, des livraisons auprès des clients, le suivi des pesées… et de manière générale de la partie administrative.
 
Nos principaux clients pour ce qui est des apports en déchets verts sont les syndicats de traitement des déchets et les services technique des collectivités etc. Cela représente 17 000 tonnes de produits entrants. Ensuite, charge à nous de proposer un produit homogène, de qualité et de composer des amendements adaptés aux besoins. Les opérations de maturation du compost sont techniques et demandent de bonnes connaissances du processus. Le produit finit représente 12 000 tonnes.
 

A quelles difficultés pouvez-vous être confronté dans votre travail ?

 
La demande en compost varie selon les saisons, la météo et il est donc difficile d’anticiper les pics de demande des agriculteurs qui représentent 80% de nos clients. Il faut donc gérer le stockage.
D’autre part, il faut bien saisir quels sont les besoins des agriculteurs, qui ont des demandes bien précises d’apports d’azote dans leurs terres par exemple. Cela implique par conséquent de bien connaître notre produit. Nous sommes en concurrence avec des produits chimiques, notamment au niveau des prix, qui reste un critère d’achat déterminant. Je constate cependant que les agriculteurs sont de plus en plus soucieux de leur terre et qu’il y a une augmentation de la demande en amendement naturel.
 

Quelles changement avez vous constaté avec la reprise en régie directe par le SIREDOM ?

 
En ce qui concerne mon poste, je fais plus de chose. Le suivi des tonnages, les relations avec nos partenaires commerciaux… C’est évidemment une intensification de mon travail, mais nous travaillons en autonomie, avec une grande implication et cela est très intéressant.
 

Avez-vous le sentiment de participer à l’économie circulaire, à la protection de l’environnement ?  

 
Tout à fait.  Cet aspect m’a d’ailleurs motivé dès le départ. L’objectif de rendre la terre plus nourricière, de transmettre le message au public de l’importance d’avoir une approche naturelle pour l’amendement de la terre, qu’il est possible de faire du bio. J’ai d’ailleurs toujours tenu à ce que nous nous impliquions dans des livraisons auprès d’Amap, de jardins partagés, de jardins bio. y compris dans des établissements scolaires même si les distances étaient un peu plus importantes. Il me semble nécessaire d’aller dans ce sens. Cela fait partie des raisons qui m’ont fait rester.