Interview de Gérard Rassier, Président-Délégué en charge de la sécurité et de la prévention des risques au Siredom


Le Président du Siredom, Xavier Dugoin, vous a confié la délégation « sécurité et prévention des risques », expliquez-nous en quoi consiste cette délégation, quelle est votre mission et son domaine d’intervention

 

Cette délégation m’a été confiée en fin d’année 2014 avec comme objectif de prémunir le Siredom et son exécutif contre tout risque de voir leur responsabilité administrative et pénale exposée en cas de réalisation d’un risque.

 

Ma mission a consisté dans un premier temps à établir un état des lieux de l’ensemble du syndicat. Pour la partie humaine effectuée par la Direction des Ressources Humaines, il s’agit de s’assurer que les personnels ont les compétences qui conviennent par rapport aux taches qui leurs sont demandées. Nos outils deviennent de plus en plus performants, et il faut des formations régulières pour s’adapter. Cela fait partie de la prévention.

 

Inauguration le 5 mai du site du Coudray-Montceaux, 18ème éco-centre du réseau Siredom. 

Je me suis plus directement occupé de la partie prévision, prévention, environnement sur les risques bâtimentaires. Ma première demande a été d’avoir l’état des lieux des bâtiments avec les plans des lieux de passage.

 

Puis j’ai fait le tour des sites pour m’assurer que l’ensemble était sécurisé et conforme à ce que la réglementation nous demande. Quand des points me chiffonnaient, j’ai fait remonter l’information pour que les choses soient réorganisées.

 

Pour prendre l’exemple du réseau des éco-centres (déchèteries) dont l’état était très hétérogène quand nous l’avons récupéré(1) nous sommes partis du site le plus abimé. Nous avons passé en revue tout les aspects : l’emplacement des bennes, les voies de circulation, le comportement des usagers dans l’utilisation des équipements etc.

 

A partir de là, nous sommes allés vers un objectif d’harmonisation du fonctionnement du réseau en terme de sécurité, de rationalisation des coûts, mais aussi en créant un environnement qui permette un accueil aisé des usagers comme des agents valoristes (gardien). Les logiques de circulation sur les sites doivent être identiques sur tout le réseau. La fluidité, l’aisance d’utilisation d’un équipement, la bonne connaissance des procédures d’évacuation sont des garanties en cas d’incendie ou d’accident.

 

Ensuite il s’agit de prendre pour modèle l’éco-centre le plus abouti en termes de sécurité et de le diffuser sur l’ensemble du réseau. Pour cela, nous sommes à l’écoute des remontées d’information du personnel, nous effectuons des visites surprises et constatons d’éventuelles non-conformités, pour programmer les travaux nécessaires et éviter que l’équipement devienne dangereux.

 

Le lien social, l’humain sont aussi important et concourent à ce que tout se passe bien.

 

Au cours de vos missions, quelles sont les difficultés rencontrées en matière de sécurité sur les équipements du Syndicat quelles sont les mesures appliquées ?

 

Pour ne prendre qu’un exemple, les-éco-centres font l’objet d’intrusions. Une des préconisations est la mise en place d’un système de vidéo-surveillance sur les équipements du Siredom.

 

Le Siredom est confronté aujourd’hui à un risque majeur de pollution aux particules fines liée à l’activité d’une entreprise voisine sur l’éco-centre d’Athis-Mons, quelles sont les mesures prises pour la protection des usagers, des agents du Siredom, et de notre environnement ?

 

Un agent valoriste (gardien) de l'éco-centre d'Athis-Mons lors de la fermeture du site en mars 2017.

La particule d’aluminium ce n’est pas quelque chose d’anodin. Sa dangerosité n’est plus à démontrer. C’est un matériau très léger, prisé des industriels. Mais son recyclage qui nécessite un broyage, un concassage, génère des particules très légères, facilement transportable par les vents. Lorsqu’on travaille exposé à un environnement chargé de ces particules, on entre dans une zone rouge et ça devient très grave. Ce sont les personnels du site qui nous ont alertés en mars 2017. Le Siredom a été réactif et en concertation avec la commune, a stoppé l’accès au site pour protéger les agents et les usagers. C’était la bonne réaction.

 

D’autre part, le risque de pollution est majeur, avec la Seine à proximité, les ruissèlements des particules dans le réseau d’eau… Nous avons interpellé l’entreprise à travers les services habilités à établir des préconisations comme la Direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie (DRIEE), le Département et la Préfecture. Des prélèvements ont été effectués sur site pour évaluer la dangerosité de cette pollution. Les analyses sont en cours.

 

Le Siredom continuera à exiger que l’entreprise concernée mette fin à cette pollution, en mettant à niveau ses équipements ou par tout autre moyen.

 

Certains usagers habitués à se rendre sur l’éco-centre d’Athis-Mons s’agacent de devoir se déplacer vers d’autres équipements (Morangis ou Ris-Orangis), font allusion aux dépôts sauvages, que leur répondez-vous ?

 

Je comprends l’agacement des usagers habituels du site, c’est humain. Mais nous ne pouvons pas rouvrir sans que le problème soit définitivement résolu. A nous d’expliquer quelles sont les raisons de cette fermeture. Nous demandons aux usagers de faire preuve de compréhension sur les risques encourus. Et d’éviter les dépôts sauvages qui ont un coût important pour les collectivités, génèrent de la pollution et les exposent à des amendes importantes(2). Le Siredom prend les mesures qui sont nécessaires pour les protéger. (3)

 

La prévention des risques, comment s’organise-t-elle, quelles sont les mesures mises en œuvre ?

 

Compte tenu de l’impact de l’activité du Siredom, le syndicat a décidé de mettre en œuvre un Plan de Prévention des Risques (PPR) qui a pour finalité de prendre en compte l’ensemble des risques qui peuvent toucher notre établissement public. Ce PPR prévoit le déclenchement d’alerte en cas de problème majeur sur les équipements, un travail étroit avec Semardel sur le CITD (Centre Intégré de Traitement des Déchets) d’Echarcon /Vert-le-Grand, la prise en compte des risques informatiques, juridiques et d’inondations.

 

Pour prendre un exemple de mesures mises en œuvre, les éco-centres n’étaient pas équipés de défibrillateur alors même qu’il y a une fréquentation importante de personnes de tous âges. Ce sera le cas pour tout les éco-centres dès ce mois-ci et deux personnes par site seront formées à leurs utilisations.

 

Le CITD d'Echarcon Vert-le-Grand

Quels sont vos projets pour les mois à venir dans le domaine de la sécurité et de la prévention des risques ?

 

Il y a tout d’abord le CITD d’Echarcon/Vert-le-Grand. Je travaille tout particulièrement sur les risques d’inondations avec Monsieur Herrouin Responsable du service environnement et développement durable du Siredom. En cas d’inondations majeures, un grand nombre de centres de traitement des déchets de la région parisienne pourraient se trouver en panne. Dans ce cas, le CITD doit rester opérationnel 24h/24 pour y pallier et accueillir d’autres déchets.

C’est une priorité que de protéger cet équipement. Rien ne doit faillir. Nous effectuons ce travail dans le cadre du Programme d’Actions de Prévention des Inondations en lien avec Semardel et la DRIEE(4). La prévention consiste à anticiper ces risques cycliques et permanents avec une part d’inconnu. En évitant d’en arriver à des mesures opérationnelles qui signifient qu’il y a déjà des dégâts.

 

Parmi les autres projets, on peut citer la formation de l’ensemble des agents du Siredom aux premiers secours, la prise en compte des risques liés à l’activité physique (PRAP). Enfin nous continuons de créer des fiches d’identité pour chacun des sites du syndicat afin d’évaluer les niveaux de risques associés pour chaque équipement et de voir les travaux et les interventions qui sont nécessaires.

 

 

Visite des locaux de Recycling Carbon par M. le Président du Siredom, Xavier Dugoin et Farouk Alouani en janvier 2017. 

Comment percevez-vous le SIiredom et plus précisément les politiques publiques mises en oeuvre par le syndicat ?

 

C’est une politique avant-gardiste. A mes yeux aujourd’hui ces politiques publiques sont un saut en avant extraordinaire pour la protection de l’environnement. C’est quelque chose qui n’avait jamais été fait jusqu'à maintenant. Je ne connais pas d’entreprise qui soit dans cette démarche. On le doit à quelqu’un qui a une vision sur ces questions, le Président du Siredom Xavier Dugoin qui a eu une bonne perception de la problématique, de l’état des choses en début de mandat, et de la manière dont l’aspect environnemental venait se greffer, s’articuler.

 

Il a eut cette idée de projeter les besoins de ce que l’on attend de notre société. La terre n’étant pas inépuisable, les matières premières doivent être recyclées. Ainsi que les matières premières secondaires. Dès le départ, il s’est employé à travers le Siredom à orienter les projets en ce sens et cela a été très bien perçu. Je suis convaincu que dans l’avenir cette démarche sera copiée.

 

Vous travaillez en lien étroit avec Antoine Herrouin. Comment ce travail s'articule et s'organise-t-il ? Etes-vous satisfait de cette collaboration et du service rendu aux usagers et aux collectivités adhérentes ?

 

De mon côté, il n’y a aucun souci. Les dossiers avancent bien dans tous les domaines. D’un point de vue technique, le travail est fait de façon à ce que la réponse soit donnée et lorsqu’il y a des ajustements à faire, ils le sont. Les services sont très engagés dans la pensée du Président.

 

(1) Le 14 décembre 2016, les élus du Siredom ont décidé de prendre en régie la gestion du réseau des éco-centres du Siredom.

(2) L’abandon de déchets en ville comme dans la nature est passible d’une amende de 450€ ; La sanction peut être portée à 1 500€ si les déchets sont transportés dans une voiture.

(3) Voir la conférence de presse de M. Courtas, 1er Vice-Président du Siredom et de Mme Rodier, Maire d'Athis-Mons le 1er mars 2017 en vidéo. 

(4) Le Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) a pour objet de promouvoir une gestion globale et concertée des risques d’inondation en vue de réduire leurs conséquences dommageables sur la santé humaine, les biens, les activités économiques et l’environnement. Il se décline au travers de 166 actions déroulées sur la période 2014-2019. Les maîtres d’ouvrages de ce programme sont l’EPTB Seine Grands Lacs, la Ville de Paris, et ses trois Départements membres – Hauts de Seine, Seine Saint Denis et Val de Marne.