Interview de Farouk Alouani, Président-Délégué en charge de l'économie sociale et solidaire, et de l’économie circulaire


Farouk Alouani Président-Délégué en charge de l'économie sociale et solidaire, et de l’économie circulaire.

Crédits photos : GPS

M. Alouani vous êtes délégué au sein du SIREDOM depuis près d'un an désormais ; et plus précisément vous êtes Président-Délégué en charge de l'économie sociale et solidaire, et de l’économie circulaire. Pourriez vous en quelques mots nous dire quelles ont été vos actions ?

 

J’ai découvert avec le Siredom la question des déchets, du recyclage, de l’économie circulaire qui sont des sujets passionnants. C’est un secteur de l’économie en développement qui mérite d’être d’avantage connu. Il va permettre de créer des centaines d’entreprises. Et par voie de conséquence des centaines de milliers d’emploi. Le rôle de la puissance publique c’est d’accompagner cette émergence au même titre que le numérique. Il y a de plus en plus d’habitants sur terre, nous vivons de plus en plus longtemps, il faut donc trouver des systèmes qui permettent de préserver la planète. Le fait de ne pas être uniquement dans un mode de consommation pur et dur, c’est à dire j’achète, je consomme et je jette, le fait d’imaginer le cycle des produits, c’est quelques que chose qui est passionnant.

 

Le Siredom est un très bel instrument au service des collectivités territoriales. Il mérite d’être d’avantage soutenu et connu car il porte de très belles actions. Que ce soit les bornes d’apport volontaire, aériennes ou semi-enterrées, que les différents projets tels que l’insertion professionnelle via les chantiers Brisfer. Il y a une volonté du Président d’être à l’offensive sur ces questions là.

 

Pour ce qui est de ma délégation, c’est simple. Il s’agit de repérer et de rencontrer aussi bien les associations que les porteurs de projet qui travaillent et innovent dans le domaine de l’économie sociale et solidaire en lien avec la question des déchets, du tri sélectif. L’idée c’est de les rencontrer, d’échanger et de voir quelles actions nous pouvons porter avec eux. Soit c’est de l’accompagnement dans le domaine de l’ingénierie avec les équipes du Siredom, soit il s’agit de mise en réseau avec les financeurs, les partenaires de la création d’entreprise. Cela peut aussi être, dans une certaine mesure, un soutien financier via le Siredom pour les start-ups et associations.

 

Il s’agit des les appuyer pour que ces entreprises soient pérennes, développent leurs activités et créent de l’emploi. Je travaille aussi à faire le lien avec les écoles d’ingénieurs, les universités et les pépinières d’entreprises.

 

Visite des locaux de Recycling Carbon par M. le Président du Siredom, Xavier Dugoin et Farouk Alouani en janvier 2017. 

Pouvez vous nous parler plus particulièrement du partenariat avec Recycling Carbon ?

 

Nous sommes allés les rencontrer dans leurs locaux, pour voir quels étaient leurs projets. L’association travaille sur les chutes de carbone. Dans un premier temps, ils font de la réparation de vélo en carbone. Puis ils imaginent à présent des partenariats avec les secteurs comme la bijouterie, l’industrie aéronautique ou l’automobile pour voir comment il est possible de transformer ce matériau. Mon rôle a consisté, avec le Président, à les mettre en relation avec des partenaires dans le domaine de l’industrie, du financement, de la formation et des associations en charge de start-ups. Dans les semaines à venir ils vont faire une demande de financement. Il s’agit de les aider à créer une filière de recyclage qui n’existait pas.

 

Votre investissement en tant que Président-Délégué au sein du SIREDOM va au-delà de l'économie sociale et solidaire.

 

On peut le dire, j’ai un rêve qui consiste à faire de la question de l’économie circulaire et des déchets une priorité à l’échelle du département, comme on a pu le faire pour la question de la biotechnologie avec le Génopole d’Evry. Le Génopole regroupe des laboratoires de recherche, des entreprises, des écoles dans un même lieu. Cela représente des centaines d’entreprises et des milliers d’emplois. Ces acteurs travaillent en convergence. Il s’agirait d’avoir un site dédié où les entreprises pourraient travailler ensemble pour créer une synergie et développer l’économie circulaire dans le domaine des déchets.

 

Il faut avoir un projet sur le territoire pour les 15 ou 20 prochaines années qui pourrait intéresser les start-ups du département.

 

Borne aérienne nouvelle génération

Vous avez par votre dynamisme contribué à favoriser sur le territoire de Grand Paris Sud (GPS) un changement d'approche fondamentale en matière de gestion de déchets en promouvant l'apport volontaire en lien avec votre collègue - Serge MERCIECA - Président-Délégué en charge des relations avec les Collectivités adhérentes et Vice-Président au sein de GPS en charge des déchets. Pourriez vous nous en dire plus et nous préciser ce qui à motivé votre démarche ?

 

Mon rôle est de faciliter la mise en relation entre le Siredom et les élus qui sur ma ville et sur GPS ont en charge la question des déchets. J’ai par exemple fait le lien afin que les bornes d’apport volontaire nouvelle génération puissent être installées sur la commune d’Evry. 24 ont déjà été installées. Il s’agit aussi de promouvoir le Siredom et de dire à quel point c’est un outil formidable dont les collectivités ont tout intérêt à s’emparer.

 

Les bornes d’apport volontaire nouvelle génération sont de qualité, ont un très bon design, sont adaptées aux personnes en situation de handicap et ont vocation a fournir aux habitants un bon niveau de service. Cela contribue également à valoriser l’image du Siredom. Je suis très satisfait de cette démarche. D’autant que cela ne coute rien aux villes. Elles cotisent au syndicat, mais ensuite tout est pris en charge par le Siredom pour les installer.

 

Il faut démultiplier ce type d’initiative à l’échelle de toutes les villes adhérentes. Ce travail doit s’inscrire dans la durée, ce qui veut dire qu’il y a un travail considérable à faire en terme d’information.

 

Vous travaillez en lien étroit plus particulièrement avec la Direction Prévention dont Madame Soraya KHEDIRI est Directrice Adjointe. Comment ce travail s'articule et s'organise-t-il ? Etes vous satisfait de cette collaboration et du service rendu aux usagers et aux collectivités adhérentes ?

 

Le travail en terme d’information dont je parlais doit se faire avec les villes et les agents de prévention du Siredom et des ambassadeurs du tri des agglomérations. Il faut qu’il y ait une convergence de ce travail qui permette d’aller beaucoup plus loin dans la démarche du tri. Plus on aura des citoyens responsables et plus la taxe sur les ordures ménagères sera faible pour les habitants. Tout le monde peut y gagner. Je pense que c’est une question d’information et d’éducation à la valorisation des déchets. Cela va prendre du temps, mais j’ai conscience que ce travail est indispensable pour amener les citoyens à consommer différemment et a être eux aussi les acteurs de l’économie circulaire.

 

Comment percevez vous le SIREDOM et plus précisément les politiques publiques mises en oeuvre par le syndicat ?

 

Le Siredom est en première ligne sur un certain nombre de sujets. A mon sens il faudrait que le Siredom ait la compétence en terme de ramassage des ordures-ménagères. Il faut une clarification des compétences entre le Siredom et les agglomérations. Cela faciliterait le travail et donnerait plus de clarté.

 

De mon point de vue, il faut organiser un « plan Orsec » sur la question des incivilités. Ce travail doit se faire en concertation entre Siredom, les agglomérations et les villes. Il faut que chacun prenne conscience que l’espace public appartient à tout le monde et que par voie de conséquence on ne peut pas dégrader l'espace public qui est notre bien commun. Sur la question du tri sélectif par exemple, il faut que les habitants s’approprient cette démarche.

 

Xavier Dugoin, Président du Siredom à Champlan le 25 avril 2017

Sur la question des dépôts sauvages il faut travailler avec les bailleurs, les associations, les conseils de quartiers, les copropriétés etc. pour bien indiquer que l’espace public n’est pas une poubelle. Chacun doit avoir le sens des responsabilités et déposer ses déchets dans les espaces configurés pour. Si ces espaces n’existent pas, c’est à la ville, aux bailleurs de construire ce local, informer les gardiens. Il faut faire ce travail de pédagogie et il faut qu’il y ait, au niveau de l’agglomération ou des villes, des sortes de « brigade anti-incivilités », qui pourraient verbaliser en cas d'incivilités dans l'espace public.

 

A Champlan* le Président a été sollicité et s’est déplacé. Mais il est évident qu’au vu de l’ampleur du problème, il ne peut pas le faire seul et de façon désorganisée. Traiter des centaines tonnes de déchets a un coût non négligeable.


* Voir l’appel du Président du Siredom, Xavier DUGOIN, à l’ensemble des Maires de l’Essonne, pour la mutualisation des moyens pour lutter contre les dépôts sauvages Http://tinyurl.com/DepotsSauvagesAppelSiredom